La légende du galet de Gauchin-le-Gal


Artois, legende / jeudi, octobre 31st, 2019

De la salle du diable du Château d’Olhain ou les Sept Bonnettes de Sailly-en-Ostrevent ou encore la célèbre Marie Grauette des marais de l’Audomarois, l’Artois est une véritable terre de légende. Pour cette nouvelle balade, je vous propose de partir en plein de cœur de l’Artois… À Gauchin-le-Gal pour parler un peu de son célèbre galet enchaîné. 

Les histoires du galet enchaîné de Gauchin-Légall

La légende

La légende raconte qu’un bloc de grès (de 132 Kg) roulait parfois dans les rues du village la nuit s’arrêtant devant les maisons des femmes infidèles et tambourinait si fort les portes que tout le village pouvait entendre le vacarme. Selon la légende, toujours, après la grande guerre, un officier américain décida même d’enchaîner le bloc de grès au sol et d’y ajouter une médaille gravée : aux pauvres maris de Gauchin, un célibataire compatissant. 

Un galet qui se promène ?

Il faut avouer que c’est quand même un sacré mystère et après avoir fait mes recherches, je suis tombé sur plusieurs explications… Plus ou moins rationnelles. 

Allons faire un tour au XIVè siècle dans ce petit village au temps ou Gauchin-le-Gal s’appelait encore Gauchin-le-Gau. Niché dans les bois sur les collines de l’Artois, le village est connu pour la richesse de son sol, le savoir-faire de ses artisans, ses monuments druidiques, mais aussi la fidélité de ses épouses. 

Un certain Gontrand, un musicien rencontre un trouvère de la cour de la comtesse Mahaut sur la route de Houdain. Ils décident de parcourir ensemble l’Artois. Arrivés au château d’Olhain, les deux comparses souhaitent séduire la belle châtelaine Géraldine qui se sent bien seule depuis le départ de son époux pour les croisades. À leur arrivée, ils sont très mal accueillis par Maître Honorius, le moine de la cour. Cependant, Géraldine organise une grande et belle fête pour leur venue ce qu’Honorius n’apprécie guère. 

Toutefois, Gontrand séduit peu à peu notre belle châtelaine et un soir, Honorius décide de s’en mêler. Il réprimande vivement les deux invités et Géraldine – honteuse – se retire dans ses appartements. Vexé, Gontrand la très mauvaise. 

Lui et le trouvère décident alors de se venger. Armés d’une dague, ils se précipitent tous les deux dans la chambre du moine. Alchimiste confirmé, il était en train de verser un mélange dans une fiole quand soudain, Gontrand surgit et le poignarde. Honorius s’effondre, mais il a le temps d’asperger ses assaillants avec le contenu de la fiole. IL ne leur faut que quelques minutes pour se transformer en pierre de granit. Les deux pierres prennent la route et trouvent le repos à l’ombre d’un tilleul sur la place du village de Gauchin. 

Et la légende commence…

xUne longue nuit d’hiver, le trouvère s’aperçoit que Gontrand – l’autre pierre – n’est plus là. Cela arrive de plus en plus souvent et le matin venu, il est ramené par des habitants – soit gênés, soit en colère. 

Tout le monde se tourne vers le curé du village qui explique ce phénomène par la révélation d’infidélité par le galet. Une nuit, le galet « Gontrand « est retrouvé devant les portes du château du seigneur et un jour, à l’aube avec l’aide du forgeron, il condamne les deux galets à être enchaînés à vie. C’est une des légendes du galet de Gauchin-le-Gal.

Carte postale Gauchin-le-Gal

Une autre version

On aurait pu s’arrêter ici… Sauf qu’il existe d’autres versions. Certains écrits rapportent que dans le village, les anciens prétendaient que diable en personne avait imaginé de révéler aux maris l’infidélité de leurs femmes. 

Dans le village, Martin le meunier est marié à une belle et jeune femme, Yolande. Selon les dires des villageois, elle a un grand mérite puisque son mari est vieux, affreux et pas très riche. Tous les hommes du village ou les nobles des châteaux alentours étaient tous attirés par sa beauté et sa fraîcheur. Et sur chacune des propos galants qui venaient à ses oreilles, Yolande baissa les yeux pudiquement. 

Les cornes de Martin

Un jour, notre belle Yolande se promène dans les bois lorsqu’elle tombe nez-à-nez avec un beau seigneur, à la fière allure qui s’avança vers elle et met un genou à terre pour lui baiser la main. D’abord surprise, Yolande se laisse aller et écoute le seigneur la courtiser. Sa timidité se lit sur son visage et le seigneur préféré attendre un peu pour s’emparer du cœur de la belle Yolande. 

Les jours suivants, il revient sur le lieu de leur rencontre, mais c’est la belle qui arriva en premier. Ils parlent quelques heures et très vite, la passion les dévora tous les deux si bien que dans les taillis, les deux se laissèrent aller à leurs envies (Si vous voyez ce que je veux dire hein 😉 ).

La légende du galet de Gauchin-le-Gall

Le diable ? Ce n’est qu’une histoire…

Yolande a d’abord de gros scrupules, mais la passion qu’elle a ressentie l’emporte et les amoureux se retrouvent régulièrement consommer leur amour interdit.

Après tout, elle se dit que rien ne lui est arrivé depuis et que cette histoire du diable n’a été inventée que par les hommes du village pour préserver leur tranquillité. 

Un soir, Yolande rejoint son mari dans le lit encore ivre d’amour pour son beau seigneur. À peine endormis, le couple est réveillé par un énorme bruit. Quelqu’un tape à la porte de plus en plus fort si bien que la maison est prête à s’écrouler. Martin n’a pas eu le courage d’aller voir et ce n’est que le lendemain qu’il apprend que sa femme entretient une relation avec un seigneur… C’est connu, dans un village tout se sait ! Il a compris que le tapage de la veille n’était pas si anodin.

Mais la pierre est bavarde et bientôt, beaucoup de portes sont frappées la nuit et le village tout entier en perd le sommeil.

Une nuit de pleine lune, les hommes sont décidés à enfin savoir qui malmène les portes du village. Et c’est ainsi qu’ils aperçoivent un énorme galet poussé par une force mystique. Médusés, ils décident d’attendre le lendemain pour maîtriser le galet et l’enchaîner sur la place du village à une vieille pierre de dolmen si lourde, que jamais elle ne pourra s’en échapper.

Que nenni ! La nuit suivante, le galet se défait de sa chaîne et poursuit sa chevauchée nocturne pour taper sur les portes des épouses infidèles et retrouver dès l’aube, la place du village toujours enchaîné à son dolmen. Et il recommencera encore pendant plusieurs années jusqu’à ne plus ne jamais bouger de nos jours.

Quelles histoires !

Comme vous le voyez, plusieurs versions existent sur cette légende et aucune d’entres elles ne nous donnent de véritables explications. Ce dont on peut être certain, c’est qu’elle devait servir de jugement à l’adultère.

Et vous, quelle est votre version ? commentez sur mon post Facebook.

La légende du galet de Gauchin-le-Gal - A person holding a sign - Route du Patois

La route du Patois

Je n’ai jamais fait la Route du Patois organisée par l’office de Tourisme de Bethune-Bruay, mais promis, je fais ça au printemps ! C’est le parcours idéal pour apprendre des dictons en picard artésien ou des expressions humoristiques et découvrir le patrimoine artésien. Au total, ce sont 8 villages à découvrir : Houdain, Hermin, Caucourt, Gauchin-le- Gal, Estrée-Cauchy, Fresnicourt-le-Dolmen, Rebreuve- Ranchicourt et le Parc départemental d’Olhain.
A pied, en E-solex ou en autocar, initiez-vous aux dictons patoisants et étonnez-vous devant ces panneaux sur les murs des maisons, des fermes… 

Plus d’infos sur le site de l’office de tourisme.


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