Dès les 4 et le 5 octobre 1914, les Allemands envahissent Lens, Liévin et ses alentours. Des premiers bombardements tombent sur Loos et détruisent le clocher de l’église. Sur les trois mille habitants que Loos comptait, il ne reste que trois cent vingt pauvres âmes à être restées au village.

Le 6 octobre, un bataillon de chasseurs français poussent les Allemands hors de Loos. Grâce à ses carnets, L’abbé Campagne nous permet d’en savoir plus : «  Hélas ! ce ne fut pas pendant trois jours un combat acharné, une fusillade épouvantable : on ne pouvait s’aventurer dans les rues sans être atteint par les projectiles . » Il continue : «  Bientôt les obus se mirent de la partie, et les Allemands, soutenus par leur artillerie, forcèrent nos chasseurs (qui en étaient dépourvus) à se retirer. » Les Français sont forcés de battre en retraite et d’abandonner Loos aux Allemands.

panorama de loos-en-gohelle
Panorama de Loos en 1915. A droite la route de Bethune.

Les Allemands s’installent à Loos

L’occupation allemande commence le 9 octobre… le malheur des Loosois également. L’abbé Campagne nous raconte : «  la première mesure qui la marqua fut l’assassinat de six personnes, dont trois vieillards de 80, 72 et 69 ans ; M. Meurdesoif, M. Doby, ancien maire d’Haisnes, et M. Petit, président de la caisse rurale du village. Les trois autres étaient des ouvriers de 30 à 40 ans. Ces hommes étant sortis de chez eux furent considérés comme espions et fusillés, sans aucune forme de procès. » Mais les Allemands ne s’arrêtent pas là : « ils lièrent un de nos mineurs à un arbre et lui firent creuser le lendemain matin la tombe des fusillés. »

Au même moment, les Allemands prennent possession de l’éperon de Notre-Dame-de-Lorette et la crête de Vimy. Les Français les reprennent très vite dans la nuit du 10 au 11 octobre pour être finalement récupérés par les Allemands le 4 novembre. À partir de cette date, les Allemands dominent les lignes françaises et peuvent à tout moment les bombarder grâce aux canons cachés à Liévin, Angres ou encore Vimy.

Vue sur le double crassier (la base des jumeaux de loos-en-gohelle) et le double chevalet (le tower bridge). Source : http://www.iwm.org.uk

Entre pillage et famine

L’envahisseur oblige la population valide à démonter tout le cuivre qu’il pouvait trouver : dans les mines, les brasseries, sur les machines agricoles et même les chaudières des cuisines. Tout était rapatrié en Allemagne pour être recyclé.

Ils boivent et gaspillent le vin. Les maisons sont détruites, les meubles cassés, brûlés et le linge jeté dans la boue. 

Le blé est confisqué pour être amené au quartier général. C’est la famine et ce n’est pas les 110 grammes de farine de seigle alloués à chaque Loosois qui vont pouvoir nourrir la population.

Ce n’est que le 15 avril que l’abbé Campagne a pu obtenir 190 de bonne farine pour faire un bon pain de 250g chacun.

La bataille de Loos


Le printemps arrive. Le commandement français organise l’offensive pour reprendre la colline de Lorette et la crête de Vimy. L’objectif est aussi d’atteindre Douai et filer jusqu’à la frontière belge pour encercler l’ennemi. La bataille de Loos servira surtout de diversion pour désorganiser les Allemands et d’espérer percer leurs lignes.

Pour fragiliser les défenses allemandes, les Français commencent à bombarder les lignes allemandes dès le 3 mai. Initialement prévue le 7 mai, la bataille est reportée le 9 mai à cause des mauvaises conditions climatiques.

Dès 6h, les premiers bombardements français pilonnent les tranchées allemandes de La Bassée jusqu’au sud de Loos. La terre se soulève de partout, des corps déchirés jonchent le sol. Peu avant 10h, le bombardement cesse… le silence est pesant et ne présage rien de bon. À 10h précise, les clairons sonnent la charge !

Les troupes se lèvent comme un seul homme de leurs tranchées en direction de l’ennemi. Ils attaquent en direction du village de Loos, en partant de l’actuel cimetière anglais de la Route de Béthune. Rapidement, les Français et les Anglais s’emparent des premières lignes allemandes. Ils poussent vers la deuxième ligne située à la lisière de Loos. Ils sont stoppés par la puissance de l’artillerie allemande.

Sur la crête de Vimy

Au même moment, la bataille fait rage sur la colline de Notre-Dame-de-Lorette, à Vimy, Carency ou encore Ablain-Saint-Nazaire. Près de 1h30 de combats acharnés plus tard, l’objectif est rempli. Leurs lignes sont enfin percées. Une poignée d’hommes arrive sur la crête de Vimy et poursuit les Allemands en fuite jusque dans Givenchy et dans Vimy. Seulement, ils ont avancé trop vite : 4,5 km en une heure ! Le commandement français ne peut envoyer à temps les renforts réclamés ni fournir un soutien d’artillerie suffisant. Les Allemands en profitent et amènent par bus des réserves et lancent une contre-attaque. La brèche se referme. Les combats durent jusqu’au 24 juin au rythme de contre-attaque et d’attentes interminables.

Finalement le résultat de l’offensive française est aussi mitigé que terrible : les villages de Carency et d’Ablain-Saint-Nazaire sont français tandis que la crête de Vimy reste allemande. Au total, on dénombre 102 000 hommes tués, blessés ou disparus pour cette seconde Bataille de l’Artois et 3 713 militaires rattachés à la 17ème division d’infanterie rien que pour la bataille de Loos.

En balade avec Gilles Payen

Pour en savoir plus sur cette bataille de Loos, écoutez ce podcast avec Gilles Payen, Président de l’association Loos : sur les traces de la Grande Guerre. Il nous emmène à la croisée du chemin au-dessus du Calvaire et celui de Vermelles.

Gilles nous raconte la bataille de Loos du 9, 10 et 11 mai 1915. Au total, trois lignes de tranchées ont été enlevées au prix de lourds sacrifices.

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