Entre le IV et IIe siècle av. J.-C., des peuples belges originaires de Germanie migrent vers l’île de Bretagne – la Grande-Bretagne aujourd’hui -, mais une partie de ce groupe décide de s’installer dans le nord de la Gaule. Ils trouvent des collines, des rivières et des plaines à perte de vue. D’après les historiens on recense un site gaulois tous les 500 mètres. Cet endroit devient Nemetocenna (du Celte Nemeton qui signifie « Sanctuaire druidique ») et devient alors la capitale de la cité et le royaume de Commios.

On pourrait situer leur frontière aux environs de Douai jusqu’aux portes de Valenciennes et de Bapaume à Saint Omer. Nemetocenna s’agrandit au cœur de ce que l’on nommera : l’Atrebatie (certainement du celtique Ad-treba-ti peut-être « ceux qui habitent » ou « ceux qui possèdent des villages » (cf. vieil irlandais ad-treba « il habite, il cultive », breton tre- « village »), latinisé en Atrebates). Seulement, entre -57 et 56, Jules César vient troubler la tranquillité de la cité pour soumettre les Atrébates et continuer de conquérir la Gaule.

César rencontre Commios 

Lors de la bataille de la Sambre entre -57 et -56, les Atrébates aidés par les Nerviens et les Viromanduens affrontent les IXes et Xe légions. Tout ne se passe pas comme prévu et la hargne des Gaulois ne suffit pas : des milliers d’hommes sont tués. Néanmoins, un Atrébate se distingue par son courage et son intelligence : Commios. Pour faciliter leur reddition, César en fait un de ses agents et le nomme Roi des Atrebates.

Sculpture représentant des Gaulois contre des Romains
Gaulois contre Romains - © museoparcalesia

Commios règne sur l’Atrébatie et devient un allié précieux de César qui à des vues sur l’île de Bretagne. Envoyé en mission pour tenter de persuader les chefs gaulois de ne pas s’opposer aux Romains, il est fait prisonnier. Les troupes de César finissent tout de même par débarquer et les Bretons ne résistent pas longtemps face aux Romains. En guise de bonne foi, ils renvoient Commios dans le camp de César : 

Ils s’étaient emparés de lui et l’avaient chargé de chaînes ; après le combat, ils renvoyèrent
Commios l’Atrébate en le priant de pardonner une faute due à l’ignorance…

En -54, pendant la seconde expédition romaine en Bretagne, Commios fournit à César un petit contingent de cavalerie atrébate pour négocier la reddition du breton Cassivellaunos. Une affaire rondement bien menée par Commios qui devient par la même occasion le seul chef gaulois représentant direct de Rome en Bretagne. Il restera fidèle et loyal à Rome pendant les révoltes de -54 et -53 et une fois l’ordre rétabli, César permet aux Atrébates de maintenir leur indépendance et les affranchit de toutes taxes.

La Gaule, réunie en une seule armée

Malgré tout ses avantages et son statut, Commios finira par trahir César. Pourquoi ? Il ne le dit pas dans livre, mais il semble toutefois probable que c’est le génocide engagé par César contre les Éburons qui fait prendre conscience à Commios qu’il est temps de prendre ses distances.

Malgré la mauvaise entente qui règne entre les chefs gaulois, ils sont tous d’accord sur au moins une chose : en finir avec le diktat des Romains et c’est Vercingetorix qui est désigné à être le chef de cette grande armée. Ce sont 8 000 cavaliers et 240 000 Fantassins qui s’allièrent en -52 pour combattre les Romains.

Le commandement supérieur est confié à Commios l’Atrebate et 4 autres chefs gaulois,
dont l’Arverne Vercassivellaunos,
cousin de Vercingétorix.

Commios commande une partie de l’armée de secours et prend la direction d’Alésia pour soutenir Vercingétorix. On connaît tous l’issue de ce siège qui durera plusieurs mois. Malgré leur supériorité, les Gaulois seront battus – dû entre autres, aux trahisons de certains Gaulois de leur propre camp – et Vercingétorix n’a d’autres choix que de se rendre à César. Il est emprisonné et sera exécuté 6 ans plus tard. 

Visuel qui représente la reconstitution du siège d'Alesia
Reconstitution du siège d'Alésia - © museoparcalesia

Commios, l’homme à abattre

Commios est l’un des derniers à se battre à Alésia. Cependant, avec sa troupe il est obligé de fuir. Il remonte vers Beauvais et infeste les routes en interceptant plusieurs convois destinés aux Romains. Avec lui, il entraîne un sentiment de révolte partout où il se rendait.

Pour tenter d’enrayer la révolte qui gronde, César passe l’hiver à Nemetocenna (ndlr : Arras). Il pense qu’en tuant Commios, la révolte cesserait immédiatement. Pour ce faire, un homme a pour mission de le faire disparaître : Caïus Volusénus Quadratus.

Plusieurs centurions l’accompagnent et tendent un piège au Gaulois. Ils inventent une entrevue pour négocier la paix. Après plusieurs minutes de discussion, les deux hommes se serrent la main et c’est le signal : Commios reçoit un coup d’épée à la tête qui le blesse gravement à la tête. Il réussit tout de même à s’échapper et promettait alors de ne plus jamais se trouver devant un Romain.

Mais, au cours d’une énième embuscade, le Romain poursuit sans relâche Commios. Après une longue chevauchée, Commios demande à ses compagnons d’arrêter de fuir et de faire face aux Romains. Les Gaulois font demi-tour, Commios attaque Quadratus et avec sa lance, il lui transperce la cuisse. Les Romains repoussent malgré tout les Gaulois. Plusieurs sont faits prisonniers et Commios, réussit une fois de plus à échapper aux Romains grâce à la rapidité de son cheval.

Gravure qui représente Nemetocena (Arras) aux temps de César.
Rare illustration datant de la réédition des commentaires de César datant de 1508. Au premier plan est représenté l’hivernage de César au pied de la ville de Nemetocenna, qui s’étend derrière les tentes de l’armée. Derrière la représentation d’Arras est évoquée la poursuite de Commios par le préfet de cavalerie Volusenus, identifié lui aussi par un phylactère.

Nouveau Volte-face de Commios

Mais notre Gaulois est imprévisible. Il envoie un messager à Marc-Antoine pour lui faire savoir qu’il est prêt à tout arrêter. Mais tout ceci n’est qu’une mascarade, car la manœuvre de Commios n’a pour seul but que de gagner du temps.

Et ce temps est très précieux. Il a le projet de faire passer la Manche à son peuple pour l’île de Bretagne (ndlr : l’Angleterre). *

On sait que Commios fonde un royaume atrébate dans le sud de l’actuelle Angleterre. Il devient le roi des Atrébates de Bretagne et aura 3 fils qui feront partie d’une dynastie qui durera jusqu’en 43 après JC.

Commios ne reviendra sans doute jamais à Nemetocenna et nous n’en saurons pas plus sur sa mort, mais toujours est-il qu’il restera le premier grand Artésien connu de l’Histoire.

Pièces de monnaies au nom de Commios.
Pièces de monnaies au nom de Commios.

* Merci à www.assorhistoire.com pour son retour sur cette conclusion.

Sources

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